Jeune femme avançant dans une galerie tandis qu’une valise reliée à son ombre roule derrière elle.

Ce qui n’est pas résolu agit encore dans le présent

Un message reste sans réponse pendant plusieurs jours. Une conversation importante est reportée. Un lieu est contourné sans que l’on sache encore très bien pourquoi. Au travail, une remarque banale provoque une réaction beaucoup plus vive que la situation ne semblait l’annoncer. Ces faits paraissent indépendants. Ils peuvent pourtant avoir un point commun : quelque chose n’a pas disparu simplement parce que nous avons cessé de nous en occuper.

Éviter peut être utile sur le moment. Lorsque nous manquons de temps, de sécurité ou de ressources, remettre une difficulté à plus tard permet parfois de continuer à fonctionner. Le problème n’est donc pas d’avoir évité. Il apparaît lorsque cette solution provisoire devient automatique et commence à décider à notre place…

Jeune femme avançant dans une galerie tandis qu’une valise reliée à son ombre roule derrière elle.

Ce qui reste actif ne se manifeste pas forcément comme un souvenir précis. Cela peut se repérer dans des choix répétés, une vigilance excessive, des sujets impossibles à aborder, des explications que l’on se donne après coup ou une fatigue liée au fait de toujours anticiper la même difficulté. La question utile n’est pas : « Quel épisode ancien explique toute ma vie ? » Elle est plus sobre : « Qu’est-ce qui, dans ma manière d’agir aujourd’hui, mérite d’être examiné ? »

Éviter procure un résultat immédiat

Ne pas rappeler quelqu’un évite une conversation inconfortable. Ne pas ouvrir un courrier repousse l’inquiétude. Changer de sujet empêche une tension de monter. Refuser une invitation réduit le risque de se sentir jugé. Dans chacun de ces cas, l’évitement produit réellement quelque chose : un soulagement rapide.

C’est précisément pour cette raison qu’il peut s’installer. Notre cerveau apprend facilement qu’un comportement qui diminue une gêne mérite d’être répété. À court terme, la stratégie semble fonctionner. À plus long terme, elle peut réduire nos possibilités : moins de conversations franches, moins de lieux où nous nous sentons libres, moins de décisions prises pour les raisons qui comptent vraiment.

Les recherches sur l’évitement expérientiel décrivent cette tendance à vouloir échapper à certaines pensées, émotions, sensations ou souvenirs. Elles l’associent à une détresse psychologique accrue et à une moindre participation à des activités satisfaisantes. Cette association ne signifie pas que toute mise à distance est mauvaise. Elle invite à regarder le prix payé lorsque l’évitement devient rigide.

Ne plus y penser n’est pas la même chose que l’avoir résolu

Une difficulté peut quitter le premier plan sans avoir trouvé d’issue. Nous pouvons reprendre le travail, tenir nos engagements, rire avec nos proches et ne presque jamais évoquer ce qui s’est passé. Fonctionner est une capacité précieuse. Ce n’est toutefois pas une preuve que la situation n’exerce plus aucun effet.

La différence apparaît souvent dans les détails. Une personne ne pense plus consciemment à une ancienne humiliation, mais prépare chaque prise de parole comme si la moindre hésitation allait devenir dangereuse. Une autre estime avoir tourné la page d’un conflit, mais interprète toute demande comme une tentative de contrôle. Une troisième affirme qu’un refus ne l’a pas affectée, tout en renonçant désormais à proposer ses idées.

Distinction essentielle : Oublier le sujet, continuer à fonctionner et ne plus être influencé sont trois réalités différentes.

Cette distinction évite deux excès : considérer que tout doit être longuement analysé, ou conclure qu’une difficulté est réglée dès qu’elle n’est plus évoquée. Ce sont les effets présents qui indiquent si une attention reste nécessaire.

Le présent fournit des indices plus utiles que les grandes explications

Il n’est pas toujours possible d’identifier une origine unique. Nos réactions se construisent à partir de plusieurs expériences, de notre tempérament, du contexte actuel, de notre état de santé et de nos relations. Chercher à tout prix « la cause » peut fabriquer une certitude séduisante mais fragile.

Observer une séquence concrète est souvent plus fiable. Que s’est-il passé juste avant la réaction ? Qu’avons-nous interprété ? Qu’avons-nous fait ensuite ? Quel soulagement avons-nous obtenu ? Et qu’est-ce que cette réponse nous a empêchés de faire ? Ces questions ne racontent pas une histoire définitive sur nous-mêmes. Elles rendent visible un mécanisme actuel.

Par exemple : un collègue demande une modification ; la demande est immédiatement comprise comme une remise en cause ; la personne se justifie longuement ; l’anxiété baisse lorsqu’elle croit avoir prouvé sa compétence ; mais l’échange devient tendu. Le travail ne consiste pas à déclarer que toute critique passée est responsable. Il consiste à vérifier si l’interprétation automatique reste adaptée à la situation présente.

Ce qui n’est pas dit peut organiser une relation

Dans une famille ou un couple, certains sujets cessent d’être abordés sans qu’un accord ait réellement été trouvé. Chacun apprend les mots à éviter, le moment où se taire, les gestes qui mettent fin à la discussion. La relation paraît calme, mais une partie de son fonctionnement est consacrée à empêcher le désaccord de réapparaître.

Cette organisation demande de l’énergie. Elle peut aussi créer des malentendus : l’un croit protéger l’autre, l’autre se sent tenu à distance ; l’un attend une reconnaissance, l’autre pense que le sujet est clos. Lorsque rien n’est formulé, chacun complète les blancs avec ses propres hypothèses.

Résoudre ne signifie pas forcément obtenir la même lecture des faits. Il peut s’agir de nommer ce qui reste sensible, définir ce qui est acceptable maintenant, reconnaître un tort, entendre une limite ou constater qu’un accord n’est pas possible. Dans certains cas, la décision la plus juste sera de réduire ou de cesser la relation. L’important est que la décision ne soit pas remplacée par une ambiguïté permanente.

Regarder une difficulté ne veut pas dire s’y replonger sans limite

L’idée de « faire face » peut devenir brutale si elle est comprise comme une obligation de tout raconter, tout ressentir ou tout confronter immédiatement. Une personne peut ne pas disposer de la sécurité, de la stabilité ou de l’accompagnement nécessaires. Elle peut aussi choisir de ne pas rouvrir un contact qui serait dangereux.

Examiner une difficulté peut commencer de manière beaucoup plus circonscrite : constater un évitement, décrire son effet actuel, distinguer ce qui appartient au présent et choisir la prochaine décision utile. Il n’est pas nécessaire de produire un récit exhaustif pour reconnaître qu’un fonctionnement ne convient plus.

Cette prudence est particulièrement importante après un événement traumatique. Une exposition improvisée, une confrontation forcée ou une recherche intense de souvenirs peut augmenter la détresse. Lorsque les réactions sont fortes ou persistantes, l’examen de ces expériences mérite un cadre professionnel adapté.

Résoudre ne signifie pas effacer

Certaines situations ne peuvent pas être réparées : une perte, une injustice, une parole prononcée, une capacité disparue. Exiger leur effacement ajoute un objectif impossible. La résolution prend alors une autre forme : savoir ce qui s’est produit, reconnaître les conséquences, déterminer ce qui relève encore de notre responsabilité et décider comment vivre avec cette réalité sans lui confier toutes nos décisions.

Un souvenir peut rester douloureux tout en devenant moins directeur. Une colère peut subsister sans définir chaque échange. Une peur peut être présente sans obtenir automatiquement le dernier mot. Ce changement n’annule pas l’événement ; il modifie la place qu’il occupe dans la conduite actuelle.

Il est également possible qu’aucune conclusion nette n’apparaisse. Dans ce cas, clarifier une limite ou accepter de ne pas recevoir l’explication attendue peut déjà interrompre une attente qui maintenait la situation ouverte.

Passer d’une impression générale à une vérification précise

La phrase « quelque chose me suit » reste trop large pour guider une action. Une formulation plus précise peut être : « Lorsque mon responsable corrige mon travail, je me justifie avant même d’avoir compris sa demande » ; « lorsque mon partenaire tarde à répondre, je suppose qu’il s’éloigne » ; ou « j’accepte des engagements que je ne veux pas prendre pour éviter de décevoir ».

À partir de là, quatre vérifications deviennent possibles : le déclencheur actuel, l’interprétation immédiate, la réponse habituelle et son coût. Cette démarche ne remplace pas une psychothérapie. Elle permet simplement de ne plus traiter une réaction répétitive comme un trait de caractère immuable.

La prochaine action peut être modeste mais doit être observable : demander un délai avant de répondre, poser une question au lieu de supposer, écrire ce que l’on souhaite dire avant une conversation ou prendre un rendez-vous avec un professionnel. L’objectif n’est pas de se sentir immédiatement léger. Il est de cesser de laisser une ancienne réponse se répéter sans examen.

Quand un accompagnement professionnel est important

Des souvenirs intrusifs, des cauchemars, des crises d’angoisse, une forte dissociation, une consommation destinée à anesthésier ce qui est ressenti, des idées suicidaires ou une incapacité durable à fonctionner nécessitent une évaluation médicale ou psychologique. Il ne s’agit pas de forcer seul une confrontation avec ce qui a été évité.

La kinésiologie BR® ne diagnostique ni ne traite un traumatisme, un trouble anxieux, une dépression, une addiction ou un autre trouble psychique. Elle ne remplace pas une psychothérapie, un suivi psychiatrique ou médical, ni une prise en charge d’urgence lorsqu’elle est nécessaire.

Comme démarche complémentaire de bien-être, elle peut offrir un temps pour observer certaines réactions, mettre en évidence des situations récurrentes et clarifier des choix plus ajustés. Le rythme, les limites et l’orientation vers d’autres professionnels doivent rester adaptés à la situation de la personne.

Ne plus laisser l’évitement décider seul

Une difficulté non résolue n’est pas une condamnation à répéter indéfiniment la même réponse. Elle devient plus accessible lorsqu’on cesse de chercher une explication totale et que l’on observe ce qu’elle produit maintenant : une conversation reportée, une limite absente, une interprétation automatique, une décision prise uniquement pour faire baisser l’inconfort.

Regarder cela ne garantit ni l’oubli ni une paix permanente. Cela permet quelque chose de plus concret : retrouver une marge de décision là où une réaction ancienne s’imposait jusque-là comme une évidence.

Questions fréquentes

Comment savoir si une situation passée agit encore aujourd’hui ?

Observez moins la fréquence des souvenirs que les effets actuels : sujets systématiquement évités, réactions disproportionnées, décisions répétées pour réduire l’inconfort ou difficultés relationnelles qui reproduisent la même séquence. Un seul signe ne suffit pas à établir une cause.

Faut-il parler de tout pour résoudre une difficulté ?

Non. Parler peut aider, mais la sécurité, le consentement et le contexte comptent. Il est parfois plus utile de clarifier une limite, de modifier une réponse actuelle ou d’aborder le sujet avec un professionnel plutôt que de confronter directement une personne.

Éviter est-il toujours mauvais ?

Non. L’évitement peut protéger temporairement ou empêcher une exposition dangereuse. Il devient problématique lorsqu’il est rigide, réduit durablement la vie de la personne ou remplace toute décision.

Résoudre veut-il dire pardonner ?

Non. Résoudre peut signifier comprendre, reconnaître un tort, poser une limite, renoncer à obtenir une réponse ou mettre fin à une relation. Le pardon n’est ni obligatoire ni synonyme de sécurité.

Pourquoi une petite remarque déclenche-t-elle parfois une forte réaction ?

La remarque peut être interprétée à travers des attentes apprises : danger de rejet, d’humiliation ou de contrôle. La fatigue et le contexte actuel jouent aussi un rôle. Une réaction forte ne prouve pas à elle seule l’existence d’un événement ancien non résolu.

Quelle place la kinésiologie BR® peut-elle avoir ?

Elle peut s’inscrire comme accompagnement complémentaire de bien-être pour observer des réactions et clarifier des choix. Elle ne remplace pas un traitement psychologique, psychiatrique ou médical.

Une décision actuelle plutôt qu’une explication définitive

Nous ne pouvons pas toujours obtenir la réponse, la réparation ou la reconnaissance que nous aurions souhaitées. Nous pouvons toutefois examiner ce qui continue de gouverner nos choix et décider si cette réponse reste nécessaire aujourd’hui.

Si vous souhaitez observer une situation récurrente et clarifier ce qui pourrait être ajusté dans le présent, je vous reçois à mon cabinet de kinésiologie BR® à Fontaines, dans le Val-de-Ruz, près de Neuchâtel. Cet accompagnement de bien-être reste complémentaire aux suivis médicaux et psychologiques dont vous pourriez avoir besoin.

Sources
Chawla & Ostafin (2007) : Experiential avoidance as a functional dimensional approach to psychopathology
Kashdan et al. (2006) : Experiential avoidance as a generalized psychological vulnerability
Gross (2002) : Emotion regulation: affective, cognitive, and social consequences


Homme assis sur un banc de gymnase desserrant ses chaussures après une séance de mouvement doux.

Faut-il vraiment aimer son corps pour en prendre soin ?

Prendre un rendez-vous parce qu’une douleur persiste. Choisir un vêtement qui ne serre pas. Manger sans transformer le repas en sanction. Interrompre un effort devenu punitif. Aucun de ces gestes n’exige de se trouver beau, fort ou admirable. Ils demandent seulement de considérer qu’un besoin mérite une réponse.

Pourtant, le discours sur l’amour de soi finit parfois par installer une condition supplémentaire : il faudrait d’abord aimer son corps pour pouvoir bien le traiter. Lorsque la relation avec lui est tendue, cette attente peut rendre le soin encore plus difficile. Une personne ne se reproche plus seulement son apparence, sa fatigue ou ses limites ; elle se reproche aussi de ne pas parvenir à les aimer…

Homme assis sur un banc de gymnase desserrant ses chaussures après une séance de mouvement doux.

La phrase de Leandro Fornito rappelle une réalité élémentaire : toutes nos journées se vivent avec ce corps-ci. Cela ne transforme pas automatiquement la relation en histoire d’amour. Cela rend surtout pertinente une question plus concrète : comment voulons-nous le traiter lorsque notre jugement sur lui est défavorable ?

L’amour de son corps peut devenir une nouvelle exigence

L’invitation à aimer son corps est née d’une intention compréhensible : desserrer l’emprise des normes d’apparence et réduire la honte. Pour certaines personnes, elle apporte un véritable soulagement. Pour d’autres, elle ressemble à un objectif de plus à atteindre.

Un corps peut avoir changé après une maladie, une grossesse, un accident, une période de stress, une prise de poids, une perte de capacités ou simplement avec l’âge. Il peut faire mal, fatiguer plus vite ou ne plus correspondre à l’image que l’on avait de soi. Demander à la personne de célébrer immédiatement ces changements peut lui sembler faux, voire brutal.

Ne pas aimer son corps à un moment donné n’est pas une faute morale. Ce sentiment peut contenir de la déception, de la colère, de la tristesse ou de l’inquiétude. Il devient surtout problématique lorsqu’il autorise une manière de se traiter que l’on n’accepterait pas dans une situation moins chargée de jugement.

Un sentiment et une manière d’agir ne répondent pas à la même question

« Qu’est-ce que je ressens envers mon corps ? » et « comment est-ce que je le traite ? » sont deux questions différentes. La première concerne une expérience intérieure, souvent changeante. La seconde concerne des décisions observables : consulter, se nourrir, récupérer, bouger, s’habiller, adapter une contrainte ou demander de l’aide.

Nous pouvons agir avec respect sans éprouver d’enthousiasme. Une personne peut détester la limitation qui l’oblige à ralentir et prendre malgré tout le temps nécessaire pour se soigner. Elle peut ne pas reconnaître son apparence actuelle et choisir des vêtements qui lui vont aujourd’hui. Elle peut être en colère contre une douleur récurrente et décrire précisément cette douleur à un professionnel.

Distinction essentielle:  L’amour du corps est un sentiment. Le soin du corps est une conduite. Le premier peut manquer aujourd’hui sans interdire la seconde.

Cette distinction ne promet pas de rendre la relation facile. Elle retire seulement une condition inutile. Le corps n’a pas besoin d’obtenir notre approbation avant que ses besoins soient pris au sérieux.

Prendre soin n’est pas récompenser un corps jugé satisfaisant

Beaucoup de gestes de soin restent encore présentés comme des récompenses. On s’autorise le repos après avoir été productif, un repas sans culpabilité après avoir suffisamment bougé, un vêtement confortable lorsque la silhouette correspond enfin à l’objectif fixé. Le besoin est alors placé sous condition.

Or la fatigue n’a pas à prouver qu’elle est méritante. La douleur n’a pas à attendre que nous soyons satisfaits de notre discipline. Le confort n’est pas réservé à une version future de soi. Répondre à un besoin actuel ne signifie pas renoncer à toute évolution ; cela évite de faire de la maltraitance quotidienne le prix supposé du changement.

Traiter son corps avec respect peut ainsi être très ordinaire : régler la hauteur d’une chaise au lieu de supporter l’inconfort, remplacer une paire de chaussures devenue inadaptée, demander un bilan, modifier un entraînement ou prendre une pause sans négocier intérieurement le droit de le faire.

Le soin ne se confond pas avec l’optimisation

Prendre soin de son corps est parfois réduit à l’améliorer : plus fort, plus mince, plus souple, plus jeune, plus performant. Dans cette logique, chaque geste doit produire un résultat mesurable. Même le repos devient une technique destinée à être plus efficace ensuite.

Le soin peut pourtant viser autre chose qu’un progrès visible. Il peut préserver une capacité, diminuer une contrainte, rendre une journée supportable ou éviter d’aggraver ce qui est déjà difficile. Il peut aussi consister à reconnaître qu’un objectif n’est plus adapté aux ressources du moment.

Le mouvement, par exemple, n’est pas automatiquement bénéfique parce qu’il est intense. Il peut être une manière de retrouver de l’aisance, de la coordination ou du plaisir ; il peut aussi devenir une punition lorsqu’il sert à compenser ce que l’on a mangé ou à faire taire la peur de changer. Le même geste prend un sens différent selon la manière dont il est choisi et ajusté.

Une relation ambivalente peut déjà devenir plus respectueuse

La relation au corps n’évolue pas toujours vers une admiration stable. Certaines personnes connaissent des jours d’accord, d’autres d’indifférence et d’autres encore de rejet. Exiger une cohérence affective permanente ne correspond pas à cette réalité.

Une position plus neutre peut être suffisante : ne pas décider aujourd’hui si ce corps est beau, digne d’éloges ou conforme à ce qu’il devrait être ; s’occuper de ce qui demande une réponse. Cette neutralité n’est pas de la négligence. Elle permet de suspendre l’évaluation pour prendre une décision pratique.

Les travaux sur l’image corporelle positive distinguent d’ailleurs celle-ci d’une simple satisfaction esthétique. Ils y incluent aussi l’acceptation, le respect et une attitude protectrice envers le corps. Des recherches menées auprès de femmes montrent également que porter attention aux fonctions du corps, et pas seulement à son apparence, peut améliorer certains aspects de l’image corporelle. Ces résultats n’imposent pas d’aimer chaque partie de soi ; ils indiquent qu’une relation moins dominée par l’évaluation est possible.

Remplacer le jugement global par une décision précise

« Je déteste mon corps » est une expérience réelle, mais la phrase englobe tout. Elle ne permet pas de savoir ce qui demande une réponse maintenant. Est-ce une douleur ? Une peur liée au regard des autres ? Une fatigue ? Un vêtement devenu inconfortable ? Une comparaison qui s’est installée ? Une difficulté à manger, à se reposer ou à bouger sans se juger ?

Préciser la situation ne supprime pas le sentiment. Cela évite qu’il décide seul de la conduite à tenir. La question peut alors devenir : « Quel acte, aujourd’hui, ne rajouterait pas de dureté à ce que je vis déjà ? » La réponse n’a pas besoin d’être spectaculaire. Elle doit être suffisamment concrète pour être réalisée et suffisamment respectueuse pour ne pas servir de sanction.

Pour une personne, ce sera maintenir un rendez-vous médical qu’elle serait tentée d’annuler par honte. Pour une autre, cesser de porter un vêtement qui lui rappelle toute la journée ce qu’elle voudrait changer. Pour une troisième, choisir un mouvement compatible avec ses capacités actuelles plutôt qu’avec celles qu’elle pense devoir avoir.

Lorsque la relation au corps prend trop de place

Une relation difficile au corps ne relève pas toujours d’un simple inconfort passager. Lorsqu’elle provoque une détresse importante, un évitement social, des conduites alimentaires préoccupantes, un exercice compulsif ou une volonté de se faire du mal, un accompagnement médical ou psychologique adapté est important. Ces situations méritent une évaluation professionnelle, sans attendre de parvenir seul à une meilleure opinion de soi.

La kinésiologie BR® ne diagnostique ni ne traite les troubles du comportement alimentaire, la dysmorphie corporelle, la dépression ou une maladie physique. Elle ne remplace pas un suivi médical, psychologique, psychiatrique, nutritionnel ou physiothérapeutique lorsqu’il est indiqué.

Comme démarche complémentaire de bien-être, elle peut offrir un temps pour examiner les situations dans lesquelles la relation au corps devient plus dure, repérer les contraintes vécues et clarifier des choix plus ajustés. L’objectif n’est pas d’imposer une image positive, mais de permettre à la personne de définir ce qu’un traitement plus respectueux signifie concrètement pour elle.

Le respect peut commencer avant l’amour

Peut-être que l’affection pour son corps viendra, reviendra ou restera variable. Elle n’a pas besoin d’être garantie pour qu’un geste de soin soit possible aujourd’hui. Une relation peut déjà changer lorsque le confort cesse d’être une récompense, lorsque la douleur est prise au sérieux et lorsque le mouvement n’est plus utilisé pour se punir.

Le seuil à atteindre peut être plus modeste que l’amour et plus solide qu’une humeur : ne pas ajouter de l’hostilité à une difficulté déjà présente. Le corps n’a alors pas besoin d’être célébré. Il est simplement traité comme une réalité qui compte.

Questions fréquentes sur la relation au corps

Faut-il accepter son apparence pour prendre soin de son corps ?

Non. Accepter son apparence et répondre à un besoin physique ou psychique sont deux démarches distinctes. Vous pouvez ne pas aimer ce que vous voyez et choisir malgré tout le confort, les soins ou l’alimentation dont vous avez besoin.

La neutralité corporelle signifie-t-elle devenir indifférent à sa santé ?

Non. Elle consiste surtout à réduire la place de l’évaluation esthétique. Elle peut au contraire faciliter des décisions plus concrètes : consulter, adapter un effort, récupérer ou se vêtir sans faire dépendre ces gestes d’un jugement positif sur son apparence.

Que faire les jours où le rejet de son corps est très fort ?

Évitez d’exiger une transformation immédiate du sentiment. Identifiez plutôt la situation précise et choisissez une conduite qui n’aggrave pas la difficulté. Si la détresse est intense, persistante ou conduit à des comportements dangereux, sollicitez un professionnel de santé.

Le mouvement peut-il aider sans devenir une punition ?

Oui, lorsqu’il est adapté aux capacités du moment, choisi pour une raison qui compte pour la personne et modifiable si la douleur, la fatigue ou la contrainte augmente. Il n’existe pas une intensité ou une pratique universellement juste.

Comment aider un proche qui parle durement de son corps ?

Évitez de répondre uniquement par « mais tu es très bien comme ça ». Reconnaissez d’abord ce qu’il vit, puis demandez ce qui lui serait utile : être écouté, trouver un vêtement confortable, prendre un rendez-vous ou chercher une aide spécialisée.

Quelle place la kinésiologie BR® peut-elle avoir ?

Elle peut s’inscrire comme accompagnement complémentaire de bien-être pour explorer certaines réactions et clarifier des décisions. Elle ne remplace aucune prise en charge médicale ou psychologique nécessaire et ne vise pas à traiter un trouble de l’image corporelle.

Prendre soin sans se forcer à admirer

Prendre soin de son corps ne constitue pas la preuve que nous l’aimons enfin. C’est une manière de ne pas abandonner nos besoins aux variations de notre jugement. Le respect peut être discret, imparfait et strictement pratique ; il n’en est pas moins réel.

Si vous souhaitez examiner la manière dont vous traitez votre corps lorsque la relation devient difficile, je vous reçois à mon cabinet de kinésiologie BR® à Fontaines, dans le Val-de-Ruz, près de Neuchâtel. Cet accompagnement de bien-être reste complémentaire aux suivis médicaux, psychologiques ou autres dont vous pouvez avoir besoin.

Sources:
Leandro Fornito : site officiel LeoMoves et présentation de sa philosophie du mouvement
Tylka & Wood-Barcalow (2015) : What is and what is not positive body image? Conceptual foundations and construct definition
Alleva et al. (2015) : A programme that improves body image by focusing on body functionality


Planche-contact montrant la même personne appelant un proche, modifiant un rendez-vous et reprenant une activité au cours d’une semaine difficile.

Se rétablir ne signifie pas ne plus jamais vaciller

« Cette semaine a été difficile. »

« Cette semaine, j’ai appelé quelqu’un avant de m’isoler, refusé une demande que je ne pouvais pas assumer et repris une activité le lendemain d’une mauvaise journée. »

Ces deux phrases peuvent décrire exactement la même semaine. La première dit l’intensité de ce qui a été vécu. La seconde montre ce que la personne a pu décider au milieu de cette difficulté. Aucune ne corrige l’autre. Ensemble, elles donnent une mesure plus complète du processus de rétablissement…

Planche-contact montrant la même personne appelant un proche, modifiant un rendez-vous et reprenant une activité au cours d’une semaine difficile.

Patricia E. Deegan a profondément renouvelé la manière de penser le rétablissement en santé mentale. Son expérience et ses travaux rappellent qu’une personne ne se résume ni à un diagnostic, ni à ses symptômes, ni à une courbe d’amélioration. Le rétablissement concerne aussi la possibilité de conserver ou de reprendre une part de décision dans sa propre existence.

Une difficulté connue peut rencontrer une réponse nouvelle

Quand une peur, une fatigue ou un découragement réapparaît, la ressemblance avec un épisode antérieur peut être saisissante. Le corps réagit, les pensées s’accélèrent et certains gestes familiers reviennent. Il est alors compréhensible de conclure que rien n’a vraiment changé.

Pourtant, le retour d’une difficulté ne reproduit pas forcément toute la situation. Elle peut être identifiée plus tôt. Une demande d’aide peut partir avant l’épuisement. Une limite peut être formulée sans attendre que la colère décide à notre place. Après une interruption, une activité peut être reprise sans exiger de soi une compensation immédiate.

La difficulté reste réelle. Ce qui diffère se situe dans la réponse disponible : davantage d’information sur soi, une décision plus ajustée, une personne à contacter ou le droit reconnu de modifier ce qui était prévu.

Deux réalités simultanées: On peut aller mal aujourd’hui et disposer malgré tout de possibilités qui n’existaient pas auparavant.

L’état du jour ne dit pas tout de la capacité d’agir

Nous utilisons souvent notre état du moment comme un bilan général. Une journée supportable devient la preuve que nous avançons ; une journée éprouvante, celle que nous avons échoué. Cette évaluation est immédiate, mais elle mélange deux questions différentes : « Comment vais-je maintenant ? » et « Que puis-je faire avec ce qui m’arrive ? »

La réponse à la première peut être : « mal ». Celle à la seconde peut néanmoins contenir plusieurs options : prévenir un proche, reporter une obligation, suivre le traitement convenu, demander un avis professionnel, maintenir un rendez-vous important ou renoncer à ce qui aggraverait la situation.

Reconnaître ces options ne minimise pas la souffrance. Cela évite simplement de la laisser devenir le seul indicateur retenu. Le rétablissement peut être présent dans une décision, même lorsque le soulagement n’est pas encore là.

Redevenir exactement comme avant n’est pas le seul critère

Le mot « rétablissement » peut suggérer un retour à l’état qui précédait la difficulté : mêmes capacités, même disponibilité, mêmes projets. Cette attente paraît naturelle. Elle devient pourtant très exigeante lorsque l’expérience vécue a modifié des priorités, des limites ou certaines conditions de vie.

Dans l’approche défendue par Deegan, le rétablissement ne dépend pas de la restauration exacte du passé. Il se rapporte à une existence que la personne peut de nouveau reconnaître comme la sienne, avec des choix, des relations, des activités et des responsabilités qui comptent pour elle.

Certaines capacités peuvent revenir. D’autres demandent une nouvelle organisation. Des ambitions changent, non parce que la personne aurait renoncé à vivre, mais parce qu’elle sait désormais mieux ce qui lui coûte, ce qu’elle veut préserver et ce qu’elle refuse de sacrifier.

Une vie différente n’est donc pas automatiquement une vie diminuée. Elle peut être plus précise dans ses engagements et plus fidèle à ce que la personne considère aujourd’hui comme important.

Ce qui change peut se repérer dans des faits concrets

Le rétablissement ne se résume pas à une liste de comportements attendus. Chacun définit ce qui compte pour lui. Quelques faits peuvent toutefois renseigner sur une autonomie qui se reconstitue.

Nommer la situation avec davantage de précision

Dire « je suis épuisé et j’ai besoin de modifier cette semaine » donne plus de possibilités qu’un verdict global comme « je n’y arrive jamais ».

Intervenir avant le point de rupture

Contacter un professionnel, demander un relais ou annuler une obligation plus tôt peut traduire une meilleure connaissance de ses seuils.

Garder une décision qui nous appartient

Choisir ce qui doit être poursuivi, adapté ou abandonné maintient la personne au centre de ce qui la concerne.

Reprendre sans effacer l’interruption

Revenir à une activité après quelques jours ou quelques semaines n’exige pas de nier la période d’arrêt ni de la compenser.

Une attitude n’est ni de l’optimisme ni une épreuve de volonté

Parler du rétablissement comme d’une attitude pourrait être mal compris. Il ne s’agit pas de sourire davantage, de vouloir plus fort ou de considérer qu’une personne serait responsable de sa souffrance parce qu’elle n’aurait pas la « bonne » disposition intérieure.

Le rétablissement ne repose jamais sur la volonté seule. La qualité des soins, la sécurité matérielle, le logement, les relations, l’accès à l’information, le respect des droits et la possibilité d’être entendu comptent profondément. L’Organisation mondiale de la Santé associe notamment cette approche à l’autodétermination, à l’inclusion et à la possibilité d’exercer un contrôle sur les décisions qui concernent sa vie.

L’attitude évoquée par Deegan n’efface donc ni les symptômes, ni les obstacles, ni le besoin d’un accompagnement professionnel. Elle désigne la place accordée à la personne dans les décisions : ce qu’elle souhaite tenter, les risques qu’elle accepte, les limites qu’elle pose et les buts qu’elle considère comme valables.

Point de vigilance: Présenter le rétablissement comme une simple question d’attitude ferait porter à la personne une responsabilité injuste et oublierait les conditions nécessaires à son autonomie.

Un accompagnement ne décide pas de la vie souhaitable à votre place

Un accompagnement pertinent ne fixe pas le modèle d’une vie « réussie ». Il aide à examiner une situation, à distinguer les besoins immédiats des attentes extérieures et à identifier les décisions sur lesquelles la personne souhaite reprendre la main.

Lorsqu’un trouble psychique, une souffrance importante ou des symptômes persistants sont présents, un suivi médical, psychologique ou psychiatrique adapté reste essentiel. La kinésiologie BR® ne remplace ni un diagnostic ni un traitement.

Comme démarche complémentaire de bien-être, la kinésiologie BR® peut proposer un temps consacré aux réactions, aux contraintes actuelles et aux choix que la personne veut clarifier. Le praticien ne détermine ni la cause d’un trouble psychique ni la conduite médicale à suivre. Il veille à ne pas confisquer la parole ni définir les priorités à la place de la personne.

Questions fréquentes sur le processus de rétablissement

Une mauvaise journée signifie-t-elle que le processus s’est arrêté ?

Non. Elle indique que la journée est difficile. Pour comprendre ce qui a changé, il faut aussi observer les possibilités disponibles : reconnaître la situation, solliciter une aide, ajuster une obligation ou reprendre ensuite sans se condamner.

Peut-on se rétablir sans redevenir exactement comme avant ?

Oui. Le rétablissement peut conduire à une vie différente plutôt qu’à la restauration exacte du passé. Certaines priorités changent, des limites deviennent plus claires et de nouvelles formes d’activité ou de relation prennent de l’importance.

Quelle différence existe-t-il entre rétablissement et guérison ?

La guérison renvoie souvent à la disparition d’une maladie ou de ses manifestations. Dans le champ de la santé mentale, le rétablissement désigne plus largement un processus personnel par lequel une personne retrouve du sens, des choix et une vie qu’elle considère comme valable, même si certaines difficultés ne disparaissent pas entièrement.

L’attitude suffit-elle pour aller mieux ?

Non. Réduire le rétablissement à l’attitude ferait porter à la personne une responsabilité injuste. Les soins, les conditions de vie, les relations, le soutien social et le respect des droits ont une influence déterminante. L’attitude concerne la place active de la personne, pas une obligation de réussir seule.

Comment repérer ce qui change lorsque les symptômes reviennent ?

Comparez moins l’intensité du symptôme et davantage la réponse disponible. Est-il identifié plus tôt ? Une décision peut-elle être prise avant l’épuisement ? Une aide est-elle accessible ? La personne conserve-t-elle une voix dans ce qui la concerne ?

Quelle place la kinésiologie BR® peut-elle avoir dans ce processus ?

Elle peut s’inscrire comme approche complémentaire de bien-être pour clarifier certaines réactions ou décisions. Elle ne traite pas les troubles psychiques et ne se substitue jamais à un suivi médical, psychologique ou psychiatrique lorsqu’il est indiqué.

Une semaine difficile peut aussi contenir du rétablissement

Une semaine peut contenir de la peur, de la fatigue ou un arrêt. Elle peut aussi contenir un appel passé au bon moment, une limite maintenue, une décision discutée avec un professionnel ou une reprise effectuée sans violence envers soi. Ces faits ne rendent pas la semaine facile. Ils empêchent seulement qu’elle soit résumée par la difficulté.

Se rétablir ne signifie donc pas ne plus jamais vaciller. Cela peut signifier que, même lorsque la stabilité manque, la personne reste davantage présente dans les décisions qui organisent sa vie.

Si vous souhaitez clarifier ce qui vous aide à conserver cette capacité de décision dans une période difficile, je vous reçois à mon cabinet de kinésiologie BR® à Fontaines, près de Neuchâtel. Cette démarche reste complémentaire aux accompagnements médicaux, psychologiques ou psychiatriques dont vous pouvez avoir besoin.

Sources:
Patricia E. Deegan : Recovery as a Journey of the Heart, Psychiatric Rehabilitation Journal, 1996.
Organisation mondiale de la Santé : Guidance on policy and strategic actions for mental health (2025)


Citation « Les mêmes causes produisent les mêmes effets, alors changez quelque chose ! » illustrée par des essais d’émail en céramique.

Ce n’est pas toujours vous qu’il faut changer, mais ce que vous répétez

Dans un atelier de céramique, de petites plaques sont alignées sur une table. Elles ont toutes été façonnées dans la même terre, puis recouvertes d’émaux préparés selon des compositions légèrement différentes. Certaines sont mates, d’autres brillantes. Une nuance tire vers le bleu, une autre vers le gris.

La céramiste les examine une à une et consigne ses observations.

Lorsqu’un résultat ne lui convient pas, elle ne conclut pas que la terre est mauvaise. Elle ne recommence pas davantage en reproduisant exactement le même geste. Elle modifie un élément précis, prépare un nouvel essai, puis observe ce qui apparaît après la cuisson…

Citation « Les mêmes causes produisent les mêmes effets, alors changez quelque chose ! » illustrée par des essais d’émail en céramique.

Cette phrase peut sembler évidente. Pourtant, lorsqu’elle concerne notre propre vie, elle devient beaucoup plus délicate à appliquer.

Nous souhaitons qu’une situation évolue, mais nous y répondons avec les réflexes que nous connaissons déjà. Nous augmentons nos efforts, réfléchissons davantage ou essayons de mieux nous contrôler. Malgré toute cette énergie, le résultat reste étonnamment familier.

Peut-être parce que nous tentons de changer l’effet sans intervenir sur ce qui le produit.

Nous cherchons parfois le changement au mauvais endroit

Lorsqu’une difficulté se répète, notre attention se porte naturellement sur le résultat.

Nous constatons que notre charge de travail devient une nouvelle fois excessive. Qu’une discussion se termine encore dans l’incompréhension. Qu’une décision importante est repoussée. Que notre besoin de bien faire finit une fois de plus par nous épuiser.

Nous nous promettons alors d’être plus organisés, plus calmes, plus affirmés ou moins sensibles. En d’autres termes, nous décidons souvent de nous corriger nous-mêmes.

Cette réaction est compréhensible. Elle entretient l’impression que tout pourrait enfin s’arranger si nous faisions davantage d’efforts.

Pourtant, le problème ne se situe pas nécessairement dans notre manque de volonté.

Une personne peut sincèrement souhaiter alléger son quotidien tout en acceptant chaque nouvelle demande avant d’avoir évalué son énergie disponible. Elle pourra ensuite organiser son agenda avec une grande rigueur, mais le point de départ restera inchangé : elle s’est engagée trop rapidement.

Une autre peut désirer des relations plus sereines tout en multipliant les explications dès qu’elle se sent incomprise. Plus elle argumente, plus son interlocuteur se ferme. Elle cherchera alors des mots encore plus précis, alors que le changement utile consisterait peut-être à interrompre l’échange quelques instants.

Dans ces situations, l’effort n’est pas absent.

Il est simplement investi après le moment décisif.

Ce qui se répète n’est pas forcément ce que nous voyons

Nous remarquons facilement les conséquences d’un fonctionnement. Le point où celui-ci commence est souvent plus discret.

La surcharge ne débute pas lorsque l’agenda est rempli. Elle peut commencer au moment où nous répondons « oui » sans consulter nos propres disponibilités.

La déception ne naît pas toujours lorsque l’autre ne répond pas à nos attentes. Elle peut prendre forme lorsque nous supposons qu’il devrait deviner ce que nous n’avons jamais exprimé.

L’indécision ne commence pas nécessairement devant le choix final. Elle peut apparaître lorsque nous exigeons d’une décision qu’elle nous garantisse l’absence totale de regret.

Le même effet peut donc se préparer bien avant de devenir visible.

Comme les essais alignés dans l’atelier, deux situations apparemment différentes peuvent avoir été produites par une configuration presque identique : la même crainte, la même anticipation, la même façon de se protéger ou la même réponse devenue immédiate.

Le véritable travail ne consiste alors pas à se demander :

« Qu’est-ce qui ne va pas chez moi ? »

Une question plus précise pourrait être :

« Qu’est-ce qui reste identique juste avant que cette situation se reproduise ? »

Cette formulation change profondément l’exploration. Elle ne juge pas la personne. Elle recherche le point sur lequel une variation devient possible.

Une répétition a souvent eu une utilité

Un fonctionnement récurrent n’est pas nécessairement absurde.

Répondre rapidement aux attentes peut avoir permis d’être apprécié ou d’éviter les tensions. Tout anticiper a peut-être procuré une sensation de sécurité. Se taire a pu protéger une relation importante. Chercher à tout comprendre a parfois aidé à traverser une période confuse.

Ces réponses ont pu être pertinentes dans un contexte particulier.

La difficulté apparaît lorsqu’elles deviennent les seules réponses disponibles.

Nous continuons alors à les utiliser, non parce qu’elles sont encore adaptées, mais parce qu’elles sont familières. Elles se déclenchent avec une telle rapidité que nous les confondons parfois avec notre personnalité.

« Je suis comme cela. »

« J’ai toujours réagi ainsi. »

« Je n’arrive pas à faire autrement. »

Ces phrases donnent à une habitude l’apparence d’une identité.

Pourtant, il existe une différence essentielle entre ce que nous sommes et ce que nous avons appris à répéter. Une réaction peut être ancienne, solidement installée et difficile à modifier sans pour autant nous définir entièrement.

La terre n’est pas l’émail. La personne n’est pas le fonctionnement qu’elle utilise.

Changer quelque chose ne signifie pas tout bouleverser

L’injonction au changement peut devenir intimidante lorsqu’elle semble exiger une transformation complète.

Changer de travail. Mettre fin à une relation. Réorganiser toute son existence. Devenir plus sûr de soi. Ne plus ressentir certaines émotions.

De tels bouleversements ne sont pas toujours nécessaires, souhaitables ou possibles.

Dans l’atelier, la céramiste ne modifie pas simultanément la terre, l’émail et la cuisson. Elle choisit une variation suffisamment précise pour pouvoir en observer l’influence.

Notre quotidien peut bénéficier de la même attention.

Changer quelque chose peut signifier :

  • ne pas répondre immédiatement à une demande ;
  • formuler un besoin avant de fournir une longue explication ;
  • demander une précision plutôt que d’interpréter un silence ;
  • laisser une décision reposer quelques heures avant de la reprendre ;
  • reconnaître son irritation avant qu’elle ne devienne une réponse sèche ;
  • retirer une obligation d’un agenda avant d’en accepter une nouvelle.

La valeur de ces ajustements ne vient pas de leur petite taille. Elle vient de leur emplacement.

Modifier un détail sans rapport avec le fonctionnement principal ne produira probablement rien de nouveau. En revanche, intervenir au moment exact où la réaction habituelle prend le relais peut transformer toute la suite.

Il ne s’agit donc pas de faire moins ou davantage.

Il s’agit d’agir ailleurs.

Repérer le moment où l’ancien fonctionnement prend la main

Le début d’une répétition ne se présente pas toujours sous la forme d’une pensée clairement formulée. Il peut être accompagné d’un changement très rapide dans notre manière de nous sentir.

La respiration se bloque légèrement. Le corps se tend. Une envie urgente de répondre apparaît. Nous commençons à nous justifier avant même d’avoir été critiqués. Nous cherchons immédiatement la solution, alors que la situation n’a pas encore été comprise.

Ces réactions ne fournissent pas une explication toute faite. Elles ne permettent pas non plus d’attribuer une signification précise à chaque sensation.

Elles peuvent toutefois servir d’indications temporelles.

Elles signalent parfois l’instant où nous quittons la situation présente pour adopter une réponse déjà bien connue.

Observer cet instant permet de déplacer la question. Au lieu de chercher uniquement pourquoi le résultat se répète, nous pouvons examiner comment il se construit.

Quelques interrogations peuvent aider :

  • Que fais-je presque automatiquement dans ce type de situation ?
  • Qu’est-ce que j’essaie d’éviter, de préserver ou d’obtenir ?
  • Quel résultat cette réponse produisait-elle autrefois ?
  • Que produit-elle aujourd’hui ?
  • Quelle autre réponse, même inhabituelle, pourrais-je expérimenter une seule fois ?

Il n’est pas nécessaire de connaître immédiatement toute l’origine d’un fonctionnement pour commencer à le modifier. Une observation suffisamment précise peut déjà permettre un premier essai différent.

Un résultat nouveau peut d’abord sembler inconfortable

Nous associons volontiers le changement à une sensation de soulagement. Dans la réalité, une réponse nouvelle peut commencer par créer de l’inconfort.

Dire que l’on souhaite réfléchir avant de s’engager peut faire naître la crainte de décevoir. Exprimer une limite peut sembler inhabituel. Renoncer à tout expliquer peut donner l’impression de perdre la maîtrise de l’échange.

Cet inconfort ne prouve pas que le choix est mauvais.

Il indique parfois simplement que nous ne disposons pas encore de repères familiers dans cette nouvelle manière d’agir.

La céramiste ne juge pas toute son expérimentation à partir d’un seul échantillon. Elle observe ce que la variation a produit. Elle distingue ce qu’elle souhaite conserver de ce qui doit encore être ajusté.

Nous pouvons nous accorder la même souplesse.

Une réponse différente n’a pas besoin d’être parfaite. Elle peut être considérée comme un essai : suffisamment réel pour produire une information, suffisamment modeste pour rester ajustable.

Le changement cesse alors d’être un examen que nous devons réussir. Il devient une expérience dont nous pouvons apprendre.

Nous ne sommes pas responsables de tout ce qui nous arrive

La phrase « les mêmes causes produisent les mêmes effets » demande cependant une nuance importante lorsqu’elle est appliquée à la vie humaine.

Tout ne dépend pas de nous.

Les décisions d’une autre personne, une maladie, un accident, une injustice, un contexte professionnel difficile ou un événement imprévisible ne sont pas le résultat d’un fonctionnement personnel qu’il suffirait de corriger.

Chercher systématiquement en soi la cause de chaque difficulté serait injuste et culpabilisant.

Changer quelque chose ne signifie donc pas s’attribuer la responsabilité de tous les événements. Cela consiste à identifier, parmi les nombreux éléments d’une situation, celui sur lequel nous disposons réellement d’une possibilité d’action.

Nous ne pouvons pas toujours modifier ce qui se produit.

Nous pouvons parfois modifier la manière dont nous préparons une décision, posons une limite, demandons du soutien ou répondons à ce qui s’est produit.

Cette distinction évite deux écueils : croire que nous contrôlons tout, ou conclure que nous ne pouvons rien influencer.

Entre ces deux extrêmes existe une zone plus réaliste. C’est là que nos choix peuvent retrouver leur utilité.

La kinésiologie BR® pour examiner ce qui revient

Certains fonctionnements restent difficiles à distinguer lorsque nous les vivons depuis longtemps. Nous percevons leurs conséquences, mais le moment où ils se mettent en place nous échappe.

La kinésiologie BR® peut proposer un cadre d’accompagnement pour explorer les liens entre une situation, les émotions qu’elle suscite, les réactions corporelles observées et les réponses que la personne mobilise habituellement.

Il ne s’agit pas d’imposer une interprétation ni de rechercher une cause unique. Une même réaction peut dépendre de nombreux éléments, et chaque histoire possède sa propre complexité.

L’accompagnement vise plutôt à préciser ce qui se joue, à reconnaître les ressources déjà présentes et à envisager d’autres possibilités de réponse.

La kinésiologie BR® s’inscrit dans une démarche de bien-être et de connaissance de soi. Elle ne pose pas de diagnostic et ne remplace pas un suivi médical, psychologique ou psychiatrique lorsque celui-ci est nécessaire.

Son intérêt peut résider dans cette qualité d’examen : ne pas considérer la personne comme un problème à réparer, mais l’aider à différencier ce qui lui appartient de ce qu’elle continue peut-être à reproduire.

Conclusion

Lorsque les mêmes résultats reviennent, nous pouvons être tentés de nous montrer plus exigeants envers nous-mêmes.

Faire davantage. Mieux contrôler. Réfléchir plus longtemps. Nous forcer à devenir quelqu’un d’autre.

Pourtant, une modification pertinente ne demande pas toujours plus d’énergie. Elle demande souvent davantage de précision.

Quel élément reste identique au début de la situation ? Quelle réponse se déclenche avant même que nous ayons choisi ? Quelle ancienne protection continue d’organiser notre comportement actuel ?

La céramiste ne condamne ni la terre ni la pièce sortie du four. Elle observe, ajuste et recommence avec une information nouvelle.

Nous pouvons nous traiter avec la même intelligence.

Vous n’avez peut-être pas besoin de vous réinventer entièrement. Il suffit parfois de distinguer ce que vous êtes de ce que vous répétez, puis de modifier, avec discernement, la condition qui produit toujours le même résultat.

Pourquoi répétons-nous un comportement alors que nous savons qu’il ne nous convient plus ?

Comprendre intellectuellement un fonctionnement ne suffit pas toujours à le modifier. Certaines réponses sont devenues rapides et familières parce qu’elles ont longtemps procuré une forme de protection, de reconnaissance ou de sécurité. Une évolution devient plus accessible lorsque l’on repère la situation précise qui déclenche cette réponse et le besoin auquel elle tente encore de répondre.

Faut-il connaître l’origine exacte d’un schéma répétitif pour agir autrement ?

Pas nécessairement. Comprendre l’histoire d’un fonctionnement peut être utile, mais il est également possible de commencer par observer sa mécanique actuelle. Identifier ce qui se passe juste avant la réaction habituelle permet parfois d’essayer une autre réponse, même lorsque toutes les causes anciennes ne sont pas encore connues.

Comment choisir le premier élément à modifier ?

Le plus pertinent est rarement le détail le plus visible. Recherchez plutôt le premier moment où la séquence devient prévisible : une décision prise trop vite, une supposition jamais vérifiée, une limite que vous n’exprimez pas ou une émotion que vous tentez immédiatement de neutraliser. Un changement placé en amont peut influencer plusieurs conséquences à la fois.

Que faire si une nouvelle manière d’agir ne produit pas le résultat espéré ?

Un premier essai ne constitue pas un verdict. Il fournit une information. Vous pouvez observer ce qui s’est modifié, ce qui est resté identique et ce qui demande encore à être ajusté. Cette démarche évite de remplacer une ancienne exigence par l’obligation de réussir immédiatement son changement.

La kinésiologie BR® peut-elle aider à comprendre des situations qui se répètent ?

La kinésiologie BR® peut accompagner l’exploration de certains liens entre le vécu, les émotions, les ressentis corporels et les réactions habituelles. Elle ne détermine pas une cause universelle et ne garantit pas la disparition d’un fonctionnement. Elle propose un cadre personnalisé favorisant une meilleure compréhension de soi et l’identification de ressources qui peuvent soutenir d’autres réponses.

Un temps pour examiner ce qui se répète

Vous reconnaissez peut-être une situation dans laquelle vos efforts restent importants, mais où le résultat ne change guère.

Plutôt que de vous demander ce que vous devriez corriger chez vous, vous pouvez commencer par identifier ce qui se reproduit au même endroit, dans le même ordre ou sous la même impulsion.

Si vous souhaitez être accompagné dans cette exploration, je vous accueille dans mon cabinet de kinésiologie BR® à Fontaines, dans le Val-de-Ruz. Nous pourrons examiner ensemble ce qui entretient certaines répétitions et rechercher les ressources susceptibles de favoriser une réponse plus adaptée à ce que vous vivez aujourd’hui.